Récit d'un volontaire au Niger

Fête de la Tabaski

Mercredi, c'était la grande fête de la Tabaski, qui célèbre le sacrifice d'Abraham. Elle occupe les esprits et métamorphose la ville pendant plusieurs semaines : les Nigériens cherchent depuis plusieurs mois leur mouton, la ville est envahie de moutons et de bois pour le feu. Il faut imaginer l'importance de l'achat d'un mouton pour une famille nigérienne quand on compare le prix du mouton (de 25 000 à 200 000 FCFA le mouton selon la date d'achat, le lieu et sa corpulence) à celui du revenu moyen (30 000 FCFA / mois).

Le premier jour, après la prière du matin, les moutons sont égorgés, la ville devient bruyante puis tout d'un coup silencieuse. Puis, les bêtes sont dépouillées de leurs peaux, vidées de leurs boyaux et accrochées à deux bâtons. On installe les carcasses tout autour de grands feux collectifs, généralement au milieu des rues et on laisse cuire ainsi jusqu'à 17h environ.

Se balader dans Niamey est un spectacle étonnant, arrêter très vite de compter le nombre de moutons qui cuisent, voir les gens en grand boubou palabrer autour des feux, aller saluer les amis et les collègues pour leur souhaiter une bonne fête. Pour l'occasion, j'ai même revêtu mon habit de fête, habit libyen offert par mon chef lors de son voyage récent en Libye.

 

Les coutumes sont légèrement différentes selon les ethnies : les djermas cuisent la viande le premier jour, la conserve pendant la nuit et la font frire ou recuire le lendemain avant de la distribuer aux proches ; les touaregs découpent et distribuent directement la viande crue et débutent le festin dés le premier jour,...

Ainsi, il suffit d'avoir des amis diversifiés pour manger le premier jour de la pintade chez les haoussa, du mouton en sauce chez les touaregs, et du mouton grillé chez les français...

Et le lendemain, on inverse les rôles. A mon tour de recevoir les amis, collègues et voisins à la maison pour se faire offrir des plats de mouton (avis aux amateurs de mouton, le frigo en regorge...) et palabrer tranquillement. Et finir en bon français par une soirée Noël (sans aucune prétention de mettre en concurrence les religions) à la maison avec échanges de cadeaux et pâtes à la bolo (avec du bœuf !!)


Publié à 02:07, le 21/12/2007, dans Journal de voyage, Niamey
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