Récit d'un volontaire au Niger

Réunion annuelle au Burkina-Faso du 15 au 20 janvier

Le principe des réunions annuelles des VP dans un pays est d'inviter quelques VP des pays limitrophes. J'ai ainsi eu l'occasion de découvrir le Burkina-Faso avec Isabelle pour assister à leur réunion annuelle.

Prendre un bus à 5h30, faire une première pause à 5h45 pour la prière, une deuxième pause pour le contrôle à la sortie du territoire nigérien, une troisième pause à l'entrée du territoire burkinabé, une quatrième pause pour une fouille des bagages (cela ressemblait à un rituel bien rôdé : chacun reprend son bagage dans la soute, l'aligne en ligne sur le trottoir, l'ouvre sur le dessus, le douanier jette un coup d'œil superficiel et hop on remballe tout), une cinquième pause pour le déjeuner, et arriver enfin à Ouagadougou après 9h de trajet.

La première chose qui me marque à l'entrée du Burkina-Faso n'est pas la différence de paysage, de langue ou de nourriture, mais la présence de vautours... Ceux-ci apparaissent réellement qu'à partir du passage du poste frontière, étrange comité d'accueil...

Pour la nourriture, notre premier repas en terre burkinabé fût un cheeseburger au bord de la piscine du cercle américain, donc on ne peut pas parler d'un choc culturel... Mais nous avions des excuses, c'était pour accompagner des VP du Burkina qui sortaient de leur brousse et qui ne rêvaient que d'un hamburger... Oui le VP de brousse a les mêmes désirs quelque soit le pays !!

Après ce repas, une balade digestive et une immersion dans la ville s'imposaient ! Ouagadougou se révèle une ville davantage construite que Niamey, beaucoup plus étendue et beaucoup plus vivante. Les motos sont omniprésentes, les P50 remplacent nos Mate, les maquis et les terrasses foisonnent, les femmes sont vêtues davantage à l'occidentale et les voiles sont très rares. Une première visite d'un centre artisanal me convainc de la richesse et la diversité de leur artisanat : bronze, cuir, bois, batik,...

Et la première soirée me démontre la différence dans la manière de fêter. Contrairement à nos maquis plutôt sombres et fermés pour permettre de boire sans être vu, ici les maquis sont ouverts sur la rue, illuminés et souvent agrémentés d'une piste de danse au centre, et les petites bières n'existent pas, seuls les grands modèles (66cl) sont disponibles...

Après ce dépaysement, retour au paysage sahélien avec le départ pour la ville de Dori, à 250 km au nord et à une trentaine de km de la frontière du Niger.

Là-bas, notre groupe d'une vingtaine de personnes est partagé entre 5 projets locaux pour une immersion durant 24h. Je pars ainsi avec quatre autres volontaires dans un village à 7 km de Dori qui gère un jardin maraîcher. Et dés notre arrivée, nous voilà au travail aux côtés des villageois : repiquer les salades, retourner la terre, arroser, enlever les mauvaises herbes... Beaucoup de nouveautés pour le citadin que je suis et la prise de conscience que ce n'est pas si simple de faire pousser des légumes. Je fais ainsi le plein de conseils pour booster mon potager. Leur jardin maraîcher est construit autour d'un énorme cratère qui conserve l'eau de pluie et permet ainsi d'arroser l'ensemble des cultures (salades, carottes, choux, tomates, piments,...) pendant quasiment toute l'année. Le groupement est constitué d'une trentaine de personnes et la production est essentiellement destinée à la vente sur le marché de Dori. D'autres plantations (mil, maïs) permettent de compléter l'alimentation du village.

Après cette séance de travail, installation dans le village. Les villageois nous offrent la maison du président du groupement pour la nuit et quasiment tout le village vient successivement nous saluer. Une douche au seau et avec vue sur le paysage environnant au dessus du court mur. Puis les femmes apportent le dîner : tô et salade. Pour ceux qui ne connaissent pas le tô, c'est une pâte de mil et ce n'est pas le plat le plus succulent que je connaisse... Se faire presque engueuler pour n'avoir pas fini les deux énormes plats de tô. Prendre le thé et discuter du village, des récoltes, de la France, de la neige,...

Réveil 6h, et encore nous avions négocié pour ne pas être réveillé à 5h. Un plat de spaghettis et direction le jardin maraîcher. 2h de travail puis pause café et balade dans le village, sur la dune de sable, chez le forgeron. Puis vient l'heure du déjeuner et du départ.

24h c'est très court, mais elles ont suffi à nous sentir ailleurs, loin de nos villes et projets respectifs, à créer des liens et des échanges.

Le reste de la journée et le lendemain furent consacrés aux échanges autour de nos expériences vécues pendant cette journée. Les autres volontaires étaient répartis respectivement dans un groupement de femmes avec des activités génératrices de revenus (broderies, savon, pâte d'arachide), dans un projet de développement rural (cordons pierreux pour retenir l'eau, fosses à compost...), dans un projet de dépistage sida, dans le Biblio'brousse (car transformé en bibliothèque et salle informatique). Il fût également question de l'AFVP et de son évolution qui n'est pas toujours à l'avantage du volontaire.

Nous avons également profité de ces quelques jours pour découvrir Dori et son marché du vendredi aux couleurs éclatantes par la présence de nombreux Peuls aux vêtements, coiffures et bijoux remarquables.

Retour à Ouagadougou avec une halte à Bani pour admirer les 7 mosquées et écouter l'histoire de l'ermite qui en est à l'origine.

 

La dernière après-midi est consacrée à la visite du village artisanal. Et sa réputation est à la hauteur du lieu : plus de 30 ateliers consacrés aux différentes facettes de l'artisanat burkinabé, des poteries jusqu'à la peinture en passant par les instruments de musiques, les batiks, le cuir, le bronze, le mobilier, etc. Craquer pour un tableau aux couleurs chaudes et au dessin stylisé.

Et c'est déjà le trajet retour avec le même nombre d'étapes qu'à l'aller mais avec encore plus de fatigue...

Mais le plaisir de retrouver son chez soi, sa petite ville tranquille, son fleuve...

Accrocher le tableau et s'endormir...


Publié à 03:27, le 20/01/2008, dans Journal de voyage, Ouagadougou
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ça fait plaisir

05:15, 4/04/2008 .. Publié par AnnLaure
de voir ce bus, presque le notre. On était du projet jusqu'a juin dernier. Le biblio'brousse, qui a fait son grand retour à Dori, et qui pour l'occasion vous a tous fait découvrir cette ville. J'aurais voulu en être...
Bon courage pour ta mission

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