Récit d'un volontaire au Niger

MSF demande la reprise immédiate de ses activités

Msf.fr - 21/10/08

Après trois mois de suspension décidée par les autorités nigériennes, la section française de Médecins Sans Frontières demande au Président de la République du Niger d'intervenir pour lui permettre de reprendre immédiatement ses activités nutritionnelles à Maradi.

« La situation sur place est très inquiétante, déclare le docteur Marie-Pierre Allié, présidente de l'association. Dans les hôpitaux et centres de santé que j'ai visités, malgré tous ses efforts, le personnel soignant n'arrive pas à faire face à l'afflux d'enfants malnutris. »

Au moment de cette suspension, près de 3 400 enfants malnutris étaient en cours de traitement et 500 nouveaux enfants étaient admis chaque semaine. Cette interruption intervient pendant la période de soudure, phase la plus critique de l'année.

MSF estime ainsi que près de 8 000 enfants malnutris sévères auraient dû être pris en charge dans les centres nutritionnels des districts de Madarounfa et Guidan Roumdji pendant ces trois mois.

Aujourd'hui, de nombreux enfants auraient besoin d'un traitement. Et jusqu'à présent, aucun acteur n'a pu offrir d'alternative suffisante à la prise en charge médicale que proposait MSF dans la région de Maradi. Malgré l'urgence de cette situation, MSF France n'a toujours pas été autorisée à reprendre ses activités.

Cette interdiction de soigner les enfants malnutris contraste fortement avec la politique de lutte contre la malnutrition adoptée par le Niger depuis quelques années. De nombreux progrès ont en effet été réalisés, comme l'adoption d'un nouveau protocole multipliant le nombre d'enfants pris en charge et le développement d'une production locale d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi. Ces réelles avancées sont aujourd'hui en contradiction avec l'attitude de certains décideurs nigériens qui tendent à minimiser, voire nier l'existence de foyers de malnutrition au Niger.

Or, il existe un traitement efficace, utilisé au Niger depuis plusieurs années, qui permet de réduire fortement la mortalité liée à la malnutrition infantile. Aujourd'hui, de nombreux enfants malnutris de la région de Maradi ne peuvent en bénéficier, alors qu'ils ont besoin en toute urgence d'un traitement.

« Au cours des dernières années, nous avons conduit en collaboration avec les autorités nigériennes des programmes novateurs et efficaces, déclare le docteur Marie-Pierre Allié.
Nous leur demandons aujourd'hui, au regard de la gravité de la situation, la reprise immédiate de nos activités à Maradi pour pouvoir soigner les enfants malnutris.
»

Médecins Sans Frontières travaille au Niger depuis 2001 et mène des programmes de prise en charge de la malnutrition dans les régions de Zinder, de Maradi et de Tahoua. Depuis le début de l'année 2008 jusqu'à mi-septembre, un total de 61 051 enfants souffrant de malnutrition aiguë ont été admis dans les centres nutritionnels de MSF.

En collaboration avec les autorités sanitaires, Médecins Sans Frontières répond également au Niger à des épidémies en assurant le traitement des malades ou en menant des campagnes de vaccination. En 2008, des interventions ont eu lieu sur des épidémies de rougeole, de méningite et de choléra. Les équipes de MSF au Niger comptent 1 537 personnes, dont 1 468 Nigériens.



Publié à 07:38, le 21/10/2008, dans Actualités nigériennes,
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Le transport des clandestins à travers les montagnes, un commerce de plus en plus juteux

(Sur ce sujet, je vous conseille vivement le livre de Fabrizio Gatti "Bilal, sur la route des clandestins" qui raconte son périple entre Dakar et l'Italie en tant que 'faux clandestin')

 

IRIN News - 16/10/08

Malgré le renforcement récent des accords sur la sécurité aux frontières entre le Mali et l'Algérie et entre la Libye et le Niger, les passeurs nigériens touaregs ont expliqué à IRIN que leurs convois désertiques à travers les montagnes de l'Aïr étaient toujours aussi rentables. Leur rôle est de faire passer des migrants ouest-africains en Afrique du Nord, dont certains poursuivent leur périple jusqu'en Europe. IRIN a rencontré trois passeurs de clandestins à Agadez entre le 7 et le 9 octobre, alors qu'ils s'apprêtaient à repartir pour un périple clandestin à travers les montagnes désertiques.

« Ahmed »

« Il n'y a pas meilleur job que le transport des clandestins. Ça paie bien et il n'y a pas beaucoup de risques. [Il faut] juste savoir lancer deux ou trois mots anglais, avoir un long bâton ou [un] couteau [pour se défendre contre les bandits éventuels] et le tour est joué ! Pour les acheminer, il y a deux axes à partir d'Agadez : celui de l'Algérie et celui de la Libye ».

« All for one »

« Tant qu'il y aura des "côtiers" [rabatteurs de migrants], nous, on ne va pas chômer ! Ils paient bien et ici [à Agadez] comme à Arlit, tout le monde sait que sans ce trafic, les chauffeurs au chômage vont retourner dans les montagnes et se joindre à la rébellion [affrontements déclenchés par les Touaregs en février 2007 dans les montagnes de l'Aïr, et qui faisaient suite aux affrontements de 1990]. Nous ne savons rien faire d'autre que nous battre et frauder ».

« W »

Cela fait six ans que je transporte des migrants du Niger vers l'Algérie. J'ai remarqué qu'ils passaient ici surtout pendant le mois de Ramadan, car en Algérie et en Libye, les forces de sécurité sont moins vigilantes pendant le jeûne. Au cours de mon dernier voyage [3 octobre], j'ai transporté 33 personnes. À la sortie d'Agadez, j'ai payé 20 dollars parce que mes papiers n'étaient pas en règle. Arrivé au poste de police d'Arlit [à 250 kilomètres de là], j'ai payé 50 dollars pour obtenir une feuille de route [permis de traverser les montagnes]. Il faut avoir ce papier, sinon c'est très dangereux quand on rencontre les militaires. Après Mamanet [80 kilomètres au nord d'Arlit] et Bouss [500 kilomètres au nord-est d'Arlit], la prochaine étape est le puits de Tchibarakatène [situé à 60 kilomètres de là]. Ensuite, on fait une escale à la balise Berliet n°19, située à 100 kilomètres de là. À partir de là, il nous faut parcourir encore 320 kilomètres avant d'arriver au lieu du déchargement, c'est-à-dire à Tchilawène [à 70 kilomètres de Janet, en Algérie] ».

« C'est ici que commence, pour les migrants, la randonnée à pied dans les montagnes. Nous les confions à un guide, qui les amène à Albarkat (Algérie). Les migrants paient 10 dollars par personne pour la traversée à pied. Nous, on revient à vide au Niger. C'est pourquoi nous prenons notre carburant aller-retour avant le voyage. On prend trois fûts de 200 litres chacun. Ce qu'il faut faire, c'est surtout éviter de croiser la police des frontières algériennes, surtout à Intchilmasse (Algérie). Ici, il faut faire très attention aux Algériens qui nous guettent ! Il faut savoir à quelle heure [ils patrouillent]. Quand je rencontre des militaires du Niger, je leur montre seulement mes papiers, c'est-à-dire la feuille de route. Ils nous fouillent, c'est vrai, et c'est normal, avant de nous laisser partir. Quant aux rebelles, je ne les ai jamais rencontrés. J'ai remarqué que depuis le début de la rébellion, les migrants ne partaient plus par l'Algérie. Ils préfèrent l'axe de Dirkou [vers la Libye]. Grâce à ce [trafic], je gagne entre 800 et 1 000 dollars environ par voyage. Ça rapporte beaucoup ! »



Publié à 10:08, le 16/10/2008, dans Actualités nigériennes,
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Moussa Kaka, correspondant de RFI, est sorti de prison

AFP - 07/10/08

Le correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Niger, Moussa Kaka, est sorti de prison mardi après plus d'un an de détention pour liens présumés avec des rebelles touareg, mais la saga politico-judiciaire n'est pas terminée pour autant.

Moussa Kaka a quitté la prison civile de Niamey en fin de matinée peu après que la cour d'appel de Niamey eut ordonné sa mise en liberté provisoire "d'office" après avoir requalifié les accusations.

Selon son avocat Fodi Boureima Mamadou, Moussa Kaka n'est plus désormais poursuivi que pour "atteinte à l'intégrité du territoire national par entente avec les éléments du MNJ" (Mouvement des Nigériens pour la Justice, rébellion touareg du nord) et sera donc renvoyé devant un tribunal correctionnel pour un délit et non plus un crime.

Il encourt malgré tout encore de un à dix ans de prison, même si jusque-là il risquait la perpétuité.

A sa sortie, comme s'il affichait la couleur, Moussa Kaka arborait un tee-shirt frappé du logo RFI. La mine serrée, il était visiblement stressé et très en colère.

"C'était un complot depuis le début. Il m'ont tendu un piège, je ne suis pas tombé dedans. Je suis très ému car je reviens de très loin, sincèrement à la limite des portes de l'enfer", a-t-il déclaré. Il a été accueilli par ses deux épouses, ses enfants et de nombreux amis.

"Du début jusqu'à aujourd'hui j'étais innocent. Seulement je leur +pompais l'air+ en faisant mon travail de journaliste, alors il fallait qu'ils me mettent à l'ombre".

"Ils savaient (les autorités) très bien que je ne faisais que mon travail. Des fois ils venaient eux-mêmes chercher des informations auprès de moi. Je n'ai rien fait de mal. Je garde la tête haute", a poursuivi le journaliste.

La liberté provisoire lui avait été refusée plusieurs fois ces derniers mois, et ce malgré une décision en ce sens fin juin du doyen des juges d'instruction. Ce dernier avait même délivré une ordonnance de non-lieu le mois suivant.

Le PDG de Radio France Internationale Alain de Pouzilhac a qualifié cette remise en liberté de "grand soulagement pour toute la famille de RFI". "C'est l'aboutissement d'une procédure judiciaire et nous restons confiants dans la décision de la justice nigérienne", a ajouté M. de Pouzilhac".

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner s'est de son côté déclaré "très heureux". "Je remercie tous ceux qui y ont participé", notamment "le président du Niger (Mamadou Tandja), parce qu'il a quand même fait ce geste", a ajouté le chef de la diplomatie française.

Moussa Kaka avait été arrêté le 20 septembre 2007, puis inculpé de "complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat" pour des liens présumés avec les rebelles touareg, une accusation passible de la prison à vie.

Il est poursuivi sur la base d'enregistrements d'écoutes téléphoniques, les seules preuves à charge qui contenaient des conversations avec notamment Agaly Alambo, chef du MNJ.

Niamey a toujours affirmé que Moussa Kaka, également correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et directeur de la radio privée Saraounya, n'avait pas été arrêté en raison de ses activités journalistiques.

Le président Mamadou Tandja a toujours nié l'existence d'une rébellion touareg, refusant de dialoguer avec le MNJ dont il qualifie les chefs de "bandits armés et de trafiquants de drogue".



Publié à 05:44, le 7/10/2008, dans Actualités nigériennes,
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Les activités de Médecins sans frontières toujours suspendues au Niger

Le Monde - 02/10/08 

Cela fait deux mois que la section française de Médecins sans frontières (MSF) ne peut plus accueillir d'enfants dans son centre nutritionnel de Maradi, au centre du Niger. Le 18 juillet, un décret émanant du ministère de l'intérieur nigérien a en effet imposé la suspension des activités de l'ONG dans la région. Aucun motif n'a alors été donné, mais dix jours plus tard, le ministère de la santé nigérien, Issa Lamine, s'est expliqué lors d'une conférence de presse, accusant MSF d'"entretenir délibérément, avec la complicité de certaines mères", une situation de malnutrition endémique dans la région et dénonçant l'attitude "exhibitionniste et propagandiste [de l'ONG], contraire à l'éthique médicale".

Le Niger est pourtant un des pays pilotes dans lequel MSF a mis en place un programme de prévention de la malnutrition. En 2006, l'ONG a lancé une large campagne en faveur des compléments alimentaires, distribuant un pot de pâte enrichie en vitamines et nutriments, chaque mois pendant la période de soudure - les quatre mois qui séparent chaque récolte -, à plus de 60 000 enfants de la région de Maradi. MSF relève une diminution, en 2007, des demandes de soin dans son centre nutritionnel.

COMMUNICATION "MALADROITE"

Le Niger étant le chantier le plus avancé dans ce domaine, MSF l'a utilisé en exemple à plusieurs reprises dans sa communication sur la prévention de la malnutrition. Cette mise en avant de l'exemple nigérien a pu crisper les autorités de Niamey, leur donnant l'impression que le pays était pointé du doigt. Annick Hamel, chargée des programmes de MSF France au Niger, admet que MSF a été "maladroit" dans sa communication. "La stratégie de prise en charge en amont de la malnutrition a été mise en place au Niger car on avait l'accord des autorités. Au bout de deux ans, elle donne des résultats et c'est à mettre à l'acquis du Niger. Mais on n'a pas su faire en sorte que les Nigériens s'approprient ce programme et en soient fiers."

Les crispations liées à cette stratégie de prévention expliquent en partie la décision de suspendre les activités de l'ONG, perçue comme trop indépendante du pouvoir en place. La présidente de MSF, Marie-Pierre Allier, s'est rendue sur place à Niamey et a conclu avec le ministère de la santé un nouveau protocole d'accord redéfinissant la collaboration entre l'organisation et les autorités. Depuis le 15 août, ce protocole se trouve sur le bureau du premier ministre et attend d'être signé.

INQUIÉTUDES POUR LES ENFANTS NON-ADMIS

Au vu de la poursuite des négociations avec Niamey, MSF s'attendait mi-septembre à pouvoir reprendre de façon imminente ses activités, mais s'étonne aujourd'hui de l'impasse, s'inquiétant notamment de la situation des enfants en demande de soins. Le centre de Maradi prenait en charge près de 3 400 enfants qui venaient chercher leurs remèdes une fois par semaine, et quelque 200 enfants hospitalisés, présentant des pathologies plus graves. Si les autorités locales ont permis à l'ONG de continuer le traitement des enfants déjà pris en charge, elles lui ont interdit d'en accueillir de nouveaux. MSF estime donc que chaque semaine, ce sont 500 enfants qui n'ont pu être pris en charge. Parmi eux, certains ont toutefois pu se tourner vers d'autres organisations.

Le 6 septembre, le centre a fermé et une procédure de licenciement a été entamée pour les quelque 460 employés. "On ne peut pas continuer à payer des salaires, sans faire travailler le personnel et sans accueillir de nouveaux enfants, explique Annick Hamel. Ce n'est pas éthique de notre part de dépenser ainsi l'argent des donateurs." Cette procédure de licenciement n'empêche pas MSF d'espérer une levée rapide de la suspension. "En pleine période de soudure, période la plus sensible de l'année, ne pas pouvoir prendre en charge la malnutrition est extrêmement préoccupant", rappelle ainsi Marie-Pierre Allier.



Publié à 09:53, le 2/10/2008, dans Actualités nigériennes,
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Des potagers pour personnes handicapées prennent racine dans le désert

IRIN News - 10/09/08

Oumou ressemble fort à tout autre jardinier nigérien à la saison la plus fertile, dans ce pays désertique. Ce petit bout de femme de 40 ans se lève à cinq heures du matin, prend son petit-déjeuner et travaille pendant cinq heures dans son potager, où elle veille sur son manioc, ses mandarines, ses poivrons et ses pommes de terre.

« C'est l'arrosage de toutes ces plantes qui est le plus difficile. Je vais de rangée en rangée et on dirait toujours qu'il en reste », a raconté la jardinière.

Mais lorsque le soleil sahélien du Niger apparaît à l'horizon, Oumou range son arrosoir au bord du puits, tendant les mains pour se traîner en avant, l'arrosoir presque vide sur la tête, ses genoux se balançant en demi-cercle pour la propulser en avant.

Paralysée par la polio à un jeune âge, Oumou a commencé à jardiner il y a deux ans, avec l'aide du Projet de réadaptation des aveugles et autres personnes handicapées du Niger (PRAHN), un organisme communautaire local à but non-lucratif. L'organisation lui a donné du bois pour installer une clôture, des outils, des engrais et des semences, et a fourni à elle et à ses frères et soeurs le matériel nécessaire pour construire un puits.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) tente actuellement d'intégrer ce projet, et d'autres projets de potagers semblables, aux réformes du secteur social engagées par le gouvernement.

Pour participer, Oumou a dû prouver son handicap, son droit de propriété et sa volonté de labourer cette terre craquelée. « Je ne pensais vraiment pas que je pourrais le faire. Moi, jardinière ? Je ne pensais même pas que cela serait possible ».

Mais ce n'était pas sa paralysie qui la retenait : Oumou a en effet expliqué qu'elle n'avait jamais imaginé pouvoir récolter 3 000 dollars pour construire son potager, soit environ cinq fois le salaire annuel moyen au Niger, selon les statistiques 2007 de la Banque mondiale.

« Les potagers de la survie »

Les personnes handicapées s'occupent tout au long de l'année de 40 « potagers de la survie » dans les bourgades poussiéreuses des régions de Tillaberi et Dosso (ouest), chacune située à plus de 100 kilomètres de Niamey.

Zama Soumana Pate, qui dirige le PRAHN, a expliqué à IRIN que ces potagers étaient plus des moyens de survie que des projets de jardinage : « [Les personnes handicapées] reçoivent bien plus que des outils de jardinage. Nous voulons leur donner des outils pour la vie ».

Dans le cadre du PRAHN, les jardiniers reçoivent des conseils sur la santé maternelle et l'inscription des enfants à l'école, se voient délivrer des moustiquaires imprégnées, bénéficient d'une aide pour l'installation de latrines, et s'ils s'avèrent responsables et travailleurs, peuvent emprunter un petit mouton ou une petite chèvre, qui leur permettra de générer davantage de revenus.

Les jardiniers doivent rembourser près de 500 dollars sur les quelque 3 500 dollars investis par le PRAHN.

Invisibles, vus comme une charge financière

Selon Claudio Rini, directeur du service Afrique de l'Ouest de Handicap International, une organisation internationale spécialisée dans le domaine des handicaps, généralement, les familles et les communautés d'Afrique de l'Ouest marginalisent les handicapés, perçus comme peu productifs.

Selon une étude publiée en 2001 par le gouvernement nigérien, il y avait à l'époque plus de 100 000 handicapés, environ, au Niger -un pour cent de la population, approximativement.

D'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé, ce nombre est néanmoins 10 fois plus élevé ; l'organisation a en effet calculé qu'en moyenne, les handicapés représentaient environ huit à 10 pour cent de la population d'un pays -soit plus d'un million de personnes au Niger, par rapport aux statistiques démographiques de 2006.

Mais M. Rini estime qu'il est difficile de déterminer avec exactitude le nombre de personnes handicapées qui vivent en Afrique de l'Ouest, pour plusieurs raisons : parce qu'il existe différentes définitions du terme handicap, parce que les recenseurs ont des difficultés à recueillir des informations précises sur les questions de santé délicates, et parce que la plupart des personnes handicapées sont tout simplement négligées.

« En raison de leur handicap, les personnes handicapées sont oubliées parce qu'il est plus difficile pour elles de gagner de l'argent [ce qui les rend invisibles]. Elles ne sont pas vraiment exclues, mais elles sont sans aucun doute marginalisées et victimes de discrimination ».

Selon M. Rini, lorsqu'une communauté est touchée par des problèmes économiques, les familles qui s'occupent d'une personne handicapée financièrement dépendante connaissent davantage de difficultés.

« La personne handicapée devient une charge financière plus lourde pour la famille, ce qui provoque un ressentiment envers eux, né non pas d'un ensemble de croyances, mais d'une situation économique défavorable », a-t-il dit.

Inverser la tendance


Dans un pays où selon les estimations du Programme alimentaire mondial (PAM), environ 40 pour cent de la population souffre de malnutrition chronique, Oumou a raconté que sa famille consommait aujourd'hui toute une variété de fruits et légumes qu'ils n'achetaient pas auparavant, car ils étaient plus chers que leur millet quotidien, et notamment des courgettes, des carottes, des tomates et des choux.

« Avant, ma famille me prêtait de l'argent pour que je puisse acheter de la paille pour tisser des nattes. Mais aujourd'hui, c'est moi qui les nourris grâce à mon potager », a-t-elle dit.

Sa famille n'avait jamais vraiment fait attention à elle, raconte Oumou, mais aujourd'hui, c'est sur elle qu'ils comptent pour payer les frais de scolarité et d'habillement des cinq enfants de ses frères et sœurs. Ses voisins aussi mangent les fruits et légumes de son potager.

On vient chez elle de plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde pour chercher des légumes à feuilles, qui serviront à préparer des sauces ou des remèdes aux ulcères et à la jaunisse. « Avant, on aurait dit que je n'étais pas vraiment là, mais maintenant, on me voit ».

Elle dit gagner plus de 300 dollars chaque année, en vendant les fruits et légumes qu'elle cultive.

« Parfois, les gens viennent même de l'aéroport [à 20 kilomètres de là] pour chercher des légumes à feuilles vertes. Je les vends à 25 francs CFA [cinq centimes de dollar américain] la poignée », a-t-elle dit.

Mais Oumou et sa famille consomment la plupart des fruits et légumes de leur potager, a-t-elle dit. « C'est vraiment délicieux. On préfère les garder pour nous et les partager avec les voisins ».



Publié à 10:01, le 10/09/2008, dans Actualités nigériennes,
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« Parfois, je pense que je suis sur le point de perdre la tête »

IRIN News - 28/08/08

Amoumene (un nom d'emprunt), 27 ans, a fui pour échapper aux affrontements qui faisaient rage, en novembre dernier, dans les montagnes de l'Aïr, et se réfugier plus au sud, à Agadez, l'une des plus grandes villes du nord du Niger.

Depuis un an et demi, les rebelles lancent des attaques contre le gouvernement nigérien, réclamant davantage d'investissements et une plus grande part des profits tirés de l'exploitation de l'uranium dans ce désert montagneux, riche en ressources.

Les affrontements ont provoqué le déplacement de plus de 10 000 civils, qui se sont réfugiés plus au cœur des montagnes, de l'autre côté du désert, jusqu'en Libye ou en Algérie, ou comme Amoumene, se trouvent aujourd'hui dans d'anciennes grandes destinations touristiques, secouées et désertées en raison des violences qui font rage dans le désert.

« Je suis venu ici car un homme de mon âge qui se trouverait dans les montagnes serait soupçonné d'être un rebelle. J'aurais pu à tout moment être arrêté ou pris pour cible par le gouvernement. Je n'ai pas pu rejoindre les rangs des rebelles parce que je suis le fils aîné : si je meurs, qui va s'occuper de ma famille ? ».

« J'avais un potager où je cultivais des oignons à cinq kilomètres au sud d'Iférouane. J'ai dépensé tout mon argent pour pouvoir planter mes oignons parce que je prévoyais de les vendre et d'utiliser l'argent que cela me rapporterait pour pouvoir me marier. Mais je n'ai pas pu rester en raison des violences ».

« Pendant les combats de novembre [2007], je me suis enfui avec un chamelier. Nous avons voyagé pendant deux jours avant d'arriver à Agadez. Cela fait neuf mois que j'essaie de trouver du travail. Je vais dans le centre, où les employeurs cherchent des travailleurs, mais ils veulent tous des gens qui ont fait des études. Moi, je ne suis jamais allé à l'école ».

« Aujourd'hui, je suis fâché que mes parents ne m'aient jamais envoyé à l'école, mais je sais qu'ils avaient besoin de moi à la maison pour les aider. Je ne peux pas retourner chez moi, parce que je n'ai rien à offrir à ma famille. Mais je ne peux pas rester ici non plus, si je n'arrive même pas à gagner assez d'argent pour acheter du riz ? »

« Et en tant que Touareg, je sais qu'à chaque fois qu'il y a une explosion ou un combat, même loin d'ici, les gens me regardent avec méfiance. Parfois, je pense que je suis sur le point de perdre la tête. Je me réveille en ayant peur qu'une mine explose... n'importe où ».

« Je veux juste que la paix soit rétablie. Je veux revoir mon potager et avoir les moyens de me marier et de continuer à vivre. Je n'envisagerai jamais d'essayer de partir loin pour trouver du travail, comme certaines personnes, qui prennent la mer pour se réfugier en Europe. Les nomades sont trop attachés au désert. Si je suis trop désespéré, j'irai de l'autre côté des montagnes, en Libye ou en Algérie ».

« Mais même pour faire ça, je suis trop fatigué ».



Publié à 06:11, le 28/08/2008, dans Actualités nigériennes,
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Le conflit dans le nord, un obstacle aux soins maternels

IRIN News - 27/08/08

Il y avait du sang partout. Ouma Ibrahim savait qu'il n'était pas normal qu'elle saigne autant après avoir donné naissance à son fils à son domicile. Aussi a-t-elle décidé de consulter une sage-femme de la clinique Dagamanet, un centre de santé situé près de chez elle, à Agadez, qui l'a envoyée à l'hôpital régional, à cinq kilomètres de là.

Mais à la tombée de la nuit, Mme Ibrahim n'a pas pu trouver de voisin disposé à l'y conduire.

Normalement, le trajet en taxi aurait dû lui coûter 0,50 dollar, mais le seul chauffeur de taxi qu'elle a trouvé lui en a demandé trois, « tout simplement parce qu'ils savent qu'ils peuvent », a expliqué Mme Ibrahim.

« Personne ne veut être dans la rue la nuit. C'est risqué. Les voisins font semblant de ne pas entendre quand on frappe à leur porte, ou quand on leur demande si on peut emprunter leur voiture », a-t-elle dit. « S'il avait été plus tard, j'aurais tout simplement dû rester chez moi et attendre le matin ».

Panique à Agadez

Agadez, un des principaux points d'entrée dans les montagnes de l'Aïr qui longent le désert du Sahara, est en état d'alerte depuis que les rebelles du nord du désert, hostiles au gouvernement, ont pris les armes, il y a un an et demi. Les bus et les véhicules privés ne peuvent se rendre dans le nord qu'un jour sur deux, lorsque des convois militaires sont disponibles pour les escorter.

Jusqu'en 2007, la ville, au centre d'une industrie du tourisme florissante, recevait des vols charter en provenance directe de l'Europe, mais aujourd'hui, le gouvernement juge qu'il est trop dangereux pour les touristes de s'y rendre.

Les combattants réclament davantage d'investissements communautaires et une plus grande part des profits tirés de l'exploitation minière dans la région nord, riche en ressources.

Les violences ont débordé des montagnes jusqu'à Agadez, la ville d'origine de Mme Ibrahim, où se trouve la base militaire régionale responsable des opérations militaires menées par le gouvernement contre les rebelles. À Agadez se trouve également l'un des deux hôpitaux publics régionaux qui couvrent toute la moitié nord du pays.

Moins de patients à l'hôpital


En mars dernier, les autorités ont décidé que l'hôpital d'Agadez, situé dans le centre-ville, devait être agrandi. Le terrain disponible pour construire un nouvel hôpital était situé aux limites de la ville, juste en face de la base militaire. Or, celle-ci est considérée comme une cible potentielle pour les rebelles.

Ouma Ibrahim est arrivée à l'hôpital le 21 août à 20 h 30, plus de 40 minutes après le début des saignements. Le docteur Hamadou Idrissa, gynécologue en chef de l'hôpital, a déclaré que la patiente présentait une anémie grave à son arrivée, et qu'elle devait recevoir une transfusion sanguine.

« Depuis que nous avons déménagé ici, j'ai constaté une diminution considérable du nombre de cas qui nous recevons au service de maternité », a-t-il dit. « Nous n'avons reçu aucune information selon laquelle l'armée interdirait aux gens de se rendre à l'hôpital pour se faire soigner, mais les gens n'arrivent pas à surmonter la barrière psychologique qui les empêche de venir se faire soigner aussi près de la base ».

Selon ce médecin, c'est la peur, et non une expérience réelle, qui amène les populations à penser que l'armée pourrait leur barrer la route. L'armée met en place des points de contrôle à partir de 19 h 00.

Abdoulaye Hama, le maire d'Agadez, a indiqué qu'il avait commandé un véhicule, qui servirait d'ambulance municipale, et qui devrait être livré le mois prochain. Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) s'est engagé à assumer les frais d'essence.

Difficultés d'accès dues au conflit


Depuis la reprise des violences, l'année dernière, il est difficile de se rendre auprès des femmes enceintes qui vivent au-delà des limites de la ville, les routes asphaltées ne menant guère plus loin, a expliqué Mahaman Hanissou Ouedraogo, directeur des bureaux de l'UNFPA à Agadez. L'accès aux montagnes, théâtre d'une bonne partie des affrontements, est strictement bloqué.

Les informations les plus récentes relatives à la mortalité maternelle au Niger ont été recueillies avant la dernière reprise des violences. Selon le gouvernement nigérien, en 2006, quelque 14 000 femmes sont mortes des suites de complications durant la grossesse.

« En raison de l'insécurité, l'UNFPA ne peut pas se rendre auprès des patients qui vivent dans les montagnes [théâtre d'attaques sporadiques]. Nous devons tout envoyer par l'intermédiaire du gouvernement », a dit M. Ouedraogo. « On ne peut pas assurer de suivi ; on ne peut qu'espérer que les femmes reçoivent bel et bien ce que nous envoyons et qu'elles emploient correctement les kits ».

L'UNFPA a donné aux autorités 6 000 kits d'accouchement à domicile et 3 000 trousses d'hygiène, qui doivent être distribués aux populations des 15 communes d'Agadez (la plus grande commune de la région s'appelle également Agadez).

Selon les statistiques régionales, outre les deux hôpitaux régionaux, il existe 40 centres de santé publics fonctionnels et 79 petites « huttes » de santé dans des zones plus reculées de la brousse.

Selon un recensement effectué par le gouvernement le mois dernier, environ 400 000 personnes se trouvent aux quatre coins du désert, dont la plupart sont des nomades qui vivent loin des villes.

Les centres de santé dépêchaient auparavant leur personnel au cœur de la brousse à bord de véhicules tout-terrain pour prodiguer des soins aux populations, mais le gouvernement a interdit ces cliniques mobiles en raison des violences.

Selon M. Ouedraogo, les infirmiers des centres de santé continuent malgré tout de distribuer des médicaments à motocyclettes, car celles-ci sont plus faciles à manœuvrer dans cette région dangereuse.



Publié à 06:08, le 27/08/2008, dans Actualités nigériennes,
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100 jours au coeur de l'enfer pour la prisonnière du Niger

La Provence - 23/08/08

C'est à croire que Kafka était africain. Catherine Dubois, une Vauclusienne aujourd'hui basée à Boulbon (Bouches-du-Rhône) revient de loin. Grande voyageuse, avide d'aventures et de rencontres humaines, cette Provençale âgée de 47 ans se serait pourtant bien passée de celles auxquelles elle a été confrontée au Niger. Pendant cent jours, Catherine a vécu l'enfer.

Emprisonnée sans preuve, sur dénonciation calomnieuse, elle a été accusée d'atteinte à la sûreté de l'État, d'assassinat, de terrorisme et même de déplacement de population ! "Tout ça pour une personne arrivée en ville un jour-et-demi auparavant, c'est pas mal, non?" ironise-t-elle aujourd'hui, dans le salon de Dominique, l'une de ses trois soeurs.

Dans cette histoire, révélée par La Provence, tout commence au printemps. Catherine Dubois vient de réaliser son "rêve d'une vie" en mettant sur pied une association humanitaire dans la ville d'Agadez, aux portes du désert du Ténéré. "Avec 'Nomad's land', je désirais un fonctionnement différent de celui des ONG. Mon idée était de répondre aux besoins réels avec de petites structures afin que chaque centime donné aille totalement aux gens qui en ont besoin."

Riz seul à tous les repas

Mi-avril, Catherine Dubois envoie depuis la France, en plusieurs fois, 7000euros à son contact sur place. Objectif : acheter un 4x4 pour l'association et réaliser des travaux dans la maison où la structure installe son QG. Il s'avérera que ce contact a détourné l'argent à son compte. "Un ami nigérien en qui j'avais confiance." Le 28 avril, la Vauclusienne arrive à Agadez.

Elle tente de comprendre ce qui s'est passé avec le jeune homme, lequel s'empresse d'aller la dénoncer aux autorités. Motif : elle aurait noué des contacts avec les combattants du MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice). Dans une région où les tensions sont vives entre le gouvernement et le MNJ, il n'en faut pas plus pour mettre le feu aux poudres. La voilà soupçonnée d'exercice illégal d'activités et de collusion avec le MNJ.

C'est le début d'un imbroglio rocambolesque qui va durer plus de trois mois. Le 30 avril, elle est transférée à la prison d'Agadez, où elle partage un espace réduit avec cinq autres femmes, dont une Française. "Rapidement, j'ai commencé à perdre mes muscles. Mon allergie alimentaire au glutène a fait que mes repas se sont résumé à du riz, matin, midi et soir. Quand à mes médicaments, j'ai pu en obtenir via la valise diplomatique du consulat." Derrière les barreaux d'une prison qui compte 180 détenus, elle aura au cours de sa détention deux crises de paludisme et la typhoïde.


Elle réapprend à vivre

"Ce qui m'a permis de tenir, c'est le coup de téléphone avec ma famille une fois par semaine." Clin d'oeil du destin : Catherine Dubois sera libérée le 8août, jour de la saint...Dominique, prénom de l'une de ses soeurs. "Je savais aussi que ma libération serait un signe d'espoir pour beaucoup d'autres détenus".


Après un travail soutenu de la diplomatie française qui a maintenu un lien continu entre Catherine et ses proches, elle a donc finalement été mise en liberté provisoire avec autorisation de quitter le territoire nigérien au terme de cent jours interminables. Mais le procès est toujours en cours d'instruction.

"Je remercie les consuls français sur place, MM. Morgan et Bonnet, ainsi que l'ambassadeur de France au Niger, M. Holleville".
Et d'ajouter : "J'ai toujours foi en la justice nigérienne. Il faut lui laisser le temps de faire son travail et j'espère un non-lieu définitif qui me lavera de tout soupçon, parce que le Niger reste dans mon coeur."

En jeans, chemise blanche, tresses tombant dans le bas du dos et croix chrétienne autour du cou, Catherine est hébergée pour l'instant dans sa famille, non loin d'Avignon, avant de regagner prochainement son domicile de Boulbon. "Maintenant, je vais essayer de reprendre goût à la vie."



Publié à 06:06, le 23/08/2008, dans Actualités nigériennes,
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Le MNJ dément vouloir déposer les armes

Le Journal du Dimanche - 19/08/08

Le leader de la rébellion touarègue dans le nord du Niger, Aghali Alambo, a démenti mardi que son mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) ait décidé de déposer les armes, comme rapporté la veille par la télévision nigérienne. "Jamais le président Aghali Alambo n'a parlé ni de libération des prisonniers, ni de cessez-le-feu, ni de déposer les armes de la part du MNJ", annonce le groupe sur son site internet http://m-n-j.blogspot.com/. Lundi soir, la télévision nigérienne avait diffusé une déclaration d'Alambo, traduite de la langue touarègue, selon laquelle le leader du MNJ se ralliait à une médiation libyenne. En fait, précise le MNJ, Alambo n'a fait que remettre au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi un message de la part d'Ibrahim Bahanga, le chef des rebelles maliens.



Publié à 06:04, le 19/08/2008, dans Actualités nigériennes,
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La rébellion touareg du Niger annonce déposer les armes

La Tribune - 19/08/08

Le leader de la rébellion touareg du nord Niger, Aghali Alambo, a annoncé que son mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) déposait les armes à partir de lundi et reconnaissait, comme les rebelles touaregs du Mali, la médiation du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

"Nous décidons à partir de lundi de déposer les armes (...). Nous déclarons être disposés à nous soumettre à votre médiation pour un dénouement heureux et rapide de la crise", déclare-t-il dans un reportage relatant une rencontre avec Kadhafi, diffusé lundi soir par la télévision nationale nigérienne.

Lors de cette rencontre, qui s'est déroulée dimanche, Alambo s'est dit porteur d'un message de la part de Bahanga, le chef des rebelles maliens.

"A partir d'aujourd'hui, Bahanga et moi sont sous votre disposition (...). Nous considérons que seule la Libye peut régler le problème des rébellions au Mali et Niger" a-t-il expliqué.

Les deux chefs touaregs ont décidé de confier au colonel Kadhafi le dossier de libération d'une soixantaine de prisonniers militaires.

Le gouvernement du président nigérien Mamadou Tandja affirme que les rebelles du MNJ sont des trafiquants d'armes et de drogue et refuse de mener des pourparlers avec eux tant qu'ils n'auront pas déposé les armes.

Le MNJ est entré en rébellion il y a un an. Au moins 200 rebelles et 70 soldats ont été tués depuis.

Les rebelles estiment que les habitants du Nord ne profitent pas des ressources naturelles du pays, qui espère devenir le deuxième producteur mondial d'uranium d'ici 2011.

Dans son discours, Kadhafi a mis en garde les rebelles, du Niger et du Mali mais également du reste de l'Afrique.

"Les armes ne sont pas un moyen pour revendiquer les injustices. Je me chargerai personnellement de vérifier si vraiment les touaregs font l'objet de discriminations au Niger et au Mali", a-t-il assuré en arabe.

"Sachez que les rébellions sont un désastre pour les familles, les jeunes et l'avenir du continent africain (...) Si les touaregs réclament un Etat touareg et si toutes les autres ethnies de l'Afrique réclament un Etat, alors que deviendra l'Afrique?", s'est-il interrogé.

"Le souhait des jeunes Touaregs d'abandonner les rébellions est une vraie chance pour développer les pays du Sahara et tout le monde doit applaudir ce geste", a-t-il conclu.

Abdoulaye Massalatchi, version française Laure Bretton



Publié à 06:02, le 19/08/2008, dans Actualités nigériennes,
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